Avant, j'étais plutôt de l'avis de la majorité (j'ai bien écrit majorité, et pas totalité...) d'entre vous, à savoir pour la peine de mort, afin d'éliminer les rebuts de la société vilains pas beaux. Mais plus maintenant.
Ceux qui jugent et qui condamnent disent la peine de mort nécessaire. D'abord, parce qu'il importe de retrancher de la communauté sociale un membre qui lui a déjà nui et qui pourrait lui nuire encore. S'il ne s'agissait que de cela, la prison perpétuelle suffirait. A quoi bon la mort ? Pas de bourreau où le geôlier suffit.
Mais, reprend-on, il faut que la société se venge, que la société punisse. Ni l'un ni l'autre. Se venger est de l'individu, punir non.
La société est entre les deux. Le châtiment est au-dessus d'elle, la vengeance au-dessous. Rien de si grand et de si petit ne lui convient. Elle ne doit pas "punir pour se venger", mais doit corriger pour améliorer.
Transformez de cette façon la formule des criminalistes, nous la comprenons et y adhérons.
Reste la troisième et dernière raison, la théorie de l'exemple. "Il faut faire des exemples !", "il faut épouvanter par le spectacle du sort réservé aux criminels ceux qui seraient tentés de les imiter !" Voilà bien à peu près textuellement les discours que vous tenez, dont tous vos réquisitoires ne sont que des variations plus ou moins accentuées. Et bien ! Je nie d'abord qu'il y ait exemple. Je nie que le spectacle des supplices produise l'effet qu'on en attend. Loin d'édifier la population, il la démoralise, et ruine en elle toute sensibilité, partant toute vertu.
Bref, il ne faut pas de peine de mort, car l'effet sur la population n'est pas certain, et qu'envoyer ad patres un tueur, un terroriste ou tout autre joyeux compadre n'apporte rien, si ce n'est la satisfaction du sentiment d'avoir fait une chose utile à la société, ce qui est évidemment faux.
Parce que le concept de droit de vie et de mort sur les Hommes est bon pour la période sombre de la grande Inquisition, ce serait un navrant que la justice réitère les actes des tueurs.
Reste que ce que j'ai écrit sur mon post précédent au sujet de la peine de perpétuité tient toujours.
Quant à ceux qui envisageraient la torture (je ne citerai pas de pseudos), j'aimerais bien savoir, une fois sur l'instrument de ladite torture, s'ils maintiendraient leur opinion.
[La puissance inexorable, terrible et solennelle de l'inquisiteur et de ses assistants, frappait les spectateurs tandis que chaque accusé, tremblant et pâle de terreur, était amené devant ses juges pour subir le châtiment qu'il avait juré de supporter sans protester.]