Pour vous, j'ai été obligé de céder a la tentation de faire mon analyse de ce projet de loi, et donc, je vous ai concocté un petit pavé, j'aurais pu faire bien plus, mais ce sera pour plus tard si besoin.
Déjà, la vrai question qu'il faut se poser c'est pourquoi ce projet de loi déchaîne-t-il autant les passions ?
- Pour répondre à cette question, il nous faut faire un petit cours d’histoire sur le mariage dans notre société, dans notre pays.
- Contrairement à une idée répandue, le mariage civil n'a pas été introduit en France à la suite de la Révolution française, mais deux ans plus tôt, à la demande des protestants, par l'Édit de Versailles de novembre 1787 du roi Louis XVI11.
Jusque-là seul le clergé tenait légalement tenir les registres paroissiaux d'état civil. Cependant, un grand nombre de mariages étaient célébrés par les prêtres réfractaires, sans autorité légale, et les non catholiques (protestants, juifs, athées…) ne figuraient toujours pas sur l'état civil.
Il faut attendre la loi sur l'état civil du 20 septembre 1792, votée par l'Assemblée législative, pour que celui-ci soit laïcisé, passant sous le contrôle de l'État. Parallèlement, la convention nationale définit ainsi le mariage le 21 août 1793 : « Le mariage est une convention, par laquelle l'homme et la femme s'engagent, sous l'autorité de la loi, à vivre ensemble, à nourrir et élever les enfants qui peuvent naître de leur union ».
- Premier point du débat actuel : l’église
On peut dire que l’église, qui a jadis joué un rôle important dans le mariage, les institutions de notre pays, malgré la loi de séparation des Églises et de l'État du 9 décembre 1905 à l'initiative du député socialiste Aristide Briand, et le principe de la laïcité, essaie de nouveau de jouer un rôle dans le débat publique, et de retrouver sa place d’en temps, comme lors des lois sur le divorce, ou elle « plie les religions »
L’Assemblée nationale vote la loi autorisant le divorce en août 1792. Le divorce fut conservé par les rédacteurs du Code civil, puis abrogé sous la Restauration par la loi du 8 mai 1816. Il ne fut rétabli que sous la Troisième République, avec la loi du 27 juillet 1884.
À cette époque, deux religions reconnaissent le divorce, la religion protestante et la religion juive, tandis que la religion catholique, majoritaire, déclare le mariage indissoluble.
- Egalité des sexes hommes-femmes : Le code Napoléon = le code civil place la femme sous la tutelle financière et administrative de son mari. Les conditions du divorce se restreignent, et l'infidélité de la femme est punie plus sévèrement que celle du mari.
Aujourd’hui : Le mariage est un acte juridique solennel par lequel un homme et une femme s'unissent et dont les effets sont fixés par la loi. Le mariage est aussi une institution et non pas un simple contrat car les époux ne peuvent aménager librement ses effets et ne peuvent le résilier à leur guise. Se fait devant un officier d’état civil
Le mariage civil = égalité = république, jusqu’il y a 40 ans, en 1970, les femmes avaient besoins de l’autorisation de leur époux pour ouvrir un compte bancaire, souscrire un contrat, disposer de leur salaire et donc être reconnue comme sujet de droit.
- Les femmes et cette loi : vieux démons, on peut dire que cette loi ramène de vieux débats, parfois extrémistes, sur fond de principe d’égalité, débats mêmes qui, après de multiples altercations, de la part de députés mal, avaient, au lendemain de mai 1968, et de la liberté de disposer de son corps, permis au femmes mariées de « s’émanciper » de leurs maris, de pouvoir décider, et ceux, en 1970, 25 ans seulement après le droit de vote des femmes.
1975, à l'époque où Simone Veil était ministre de la Santé du gouvernement Chirac sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, droit à l’avortement
- Les enfants : Par la loi de 1972, le législateur cessera d’établir une différence entre les enfants légitimes et les enfants naturels. Il procédera donc à une refonte de la filiation, de façon à reconnaître une égalité des droits pour les enfants, que leur filiation soit légitime ou naturelle.
En 2000, c’est un arrêt de la Cour européenne des droits de l’Homme, l’arrêt Mazurek, qui contraindra la France à mettre un terme aux discriminations imposées aux enfants adultérins, et c’est seulement par une ordonnance de 2005, ratifiée par une loi de 2009, que les notions d’enfant légitime et d’enfant naturel vont disparaître de notre code civil. L’enfant devient donc également un sujet de droit.
- Les enfants sont donc au cœur même de ce débat, argument phare de l’opposition, plutôt oublié par la majorité, qui clame que le droit à fonder une famille, est un droit civile, et, qui, en démocratie, devrait être autorisé à tous, couples, toutes personnes.
Peur que si un parent homosexuel meurt, son enfant se retrouve en foyer et sans héritage
L’opposition, elle, clame le droit à ce qu’un enfant ait un père, un mère, et qu’on ne devrait avoir le droit de lui en priver, voulant faire ressortir une peur d’inceste, de pédophilie, de « perversion d’esprit », en clair une peur, dans les mémoires, dans la mémoire collective, de l’homosexualité, seulement dépénalisée en 1982, sortie du registre des maladies mentales en 1992, appuyant le dire de spécialistes, principalement psychologues et psychanalystes, largement divisés, dont certains, crient à la théorie de Freud, le complexe d'Œdipe, défini comme le désir inconscient d'entretenir un rapport sexuel avec le parent du sexe opposé (inceste) et celui d'éliminer le parent rival du même sexe (parricide).
- Biologie et autre : A mon sens, seul le droit à la reconnaissance de ses origines biologiques est vraiment un argument valable, malheureusement mis de côté par le débat, comme, d’ailleurs, les adoptés.
Plus qu’une peur, plus que l’adoption, ce qui, nous fait passer pour conservateur, indigne, hypocrite, nous, fière d’être le « pays des droits de l’homme » , aux yeux de nos voisins européens, comme les Pays-Bas en 2001, la Belgique en 2003, l’Espagne en 2005, la Suède en 2009, le Portugal en 2010, le Danemark en 2012 qui, rappelons-le, ont déjà ouvert le mariage aux couples homosexuels, ainsi qu’auprès de 10 autres pays de l’union européenne, dont l’Allemagne, qui ont acceptés une forme d’union civile, c’est notre rapport à la bioéthique.
Pour l’opposition, pour tous les français contre ce projet de loi, le fond du problème n’est pas tant en soi le mariage et les dérives possibles clamées par certains, pas tant la manière dont les enfants seront élevés, mais le faite, que deux hommes, ou deux femmes, puissent élever un enfant, voir, avec des moyens médicaux ou assistés, comme la PMA ou la GPA, mettre au monde un enfant, et beaucoup, jugeraient ça comme « contre nature », ou clamerai, que, si par exemple deux femmes veulent un enfant, il y a d’autres moyens que les moyens médicaux, et de tels arguments ne devraient avoir leurs places dans un tel débat.
- Opposition droite gauche, droite qui cherche à s’affirmer comme une opposition solide.
Le texte a été approuvé par 329 voix pour, 229 contre et 10 abstentions. Sept députés n'ont pas pris part au vote et deux sièges sont actuellement vacants. Comme attendu, les députés d'outre-mer, bien que très majoritairement à gauche, se sont retrouvés très divisés sur la question.
Quatre députés membres du groupe socialiste ou apparentés ont voté contre : Bernadette Laclais, Jérôme Lambert, Patrick Lebreton et Gabrielle Louis-Carabin. Cinq se sont abstenus : Ibrahim Aboubacar, Marie-François Bechtel, Jean-Luc Laurent, Jean-Philipe Mallé et Dominique Potier.
Ecolo majoritairement pour
À l'UMP, comme ils l'avaient annoncé, seuls Benoist Apparu et Franck Riester ont voté pour, tandis que, comme prévu, Nathalie Kosciusko-Morizet, Pierre Lellouche, Bruno Le Maire se sont abstenus, aux côtés de Nicole Ameline et Édouard Philippe.
Les sept non-inscrits ont voté contre, dont Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard (FN), Nicolas Dupont-Aignan, Sur les 26 députés d'outre-mer, 11 ont voté contre (notamment 3 Martiniquais du GDR, 2 Guadeloupéens PS et RRDP, 3 Polynésiens de l'UDI), 10 pour (dont 4 Réunionnais et 1 Mahorais du PS, 2 UDI de Nouvelle-Calédonie) et 1 s'est abstenu (1 Mahorais du PS). Quatre n'ont pas pris part au vote (2 de Guadeloupe dont la suppléante PS du ministre Victorin Lurel, 1 Guyanais et 1 Réunionnais, tous deux GDR). Jacques Bompard et le MoDem Jean Lassalle.
-Médias qui prennent ouvertement position : D’un côté, des journaux de gauche, comme Le Monde, Libération, qui prônent une évolution sociale, et donc, défendent le projet de loi, en essayent, au fil des articles, de convaincre les lecteurs qui n’ont pas encore de réelles opinions, et de l’autre, les journaux de droite, comme le figaro, la tribune, le parisien, qui eux, essaient de montrer la force de l’opposition et les zones d’ombres de ce projet de loi. On peut aussi citer les chaines de TV comme France télévision, canal + ancrées à gauche, alors que des chaines privées, comme TF1, M6, sont de droites, et donc vont avoir tendance à évoquer le sujet plus rapidement et de manière moins approfondies qu’une chaine de gauche.
Les médias, sont donc, dans notre société, un « quatrième pouvoir », qui influence fortement la population, sans que les citoyens ne s’en rendent vraiment compte, mais on pourrait aussi parler des réseaux sociaux, comme Twitter, dans lequel, les députés, ce mènent une guerre sans merci, ce qui, dans le fond, les éloignent de plus en plus de leur mission d’élus et de représentants des français, media qui, d’ailleurs, est utilisé par Barack Obama lui-même, demandant le feu vert de la cour suprême pour l’ouverture du mariage aux homosexuels. (Se référer à Harvey Milk, mouvements droits homos usa)
- europe : Dans cette dernière partie, la question que je vous invite à vous poser est « somme nous en retard par rapport à nos voisins européens ? ».
En effet, ce qui est surprenant, c’est qu’en Espagne, le mariage pour les couples homosexuels a été accepté, certes après de long débats, en particulier par la communauté religieuse, alors que l’Espagne est le plus grand pays catholiques d’Europe, quand nous, en France, les communautés religieuses refusent catégoriquement l’idée d’un mariage pour tous. Le paradoxe, mis en avant par les autres pays d’Europe, est que la devise de la France, qui est « liberté, égalité, fraternité », n’est pas vraiment respectée dans un pays que l’on qualifie de « pays des droits de l’homme ».
Autre fait qui choque, c’est que nous, français, passons pour un peuple conservateur, attaché a de veilles valeurs, et non aux changements, alors que nos voisins anglais, eux, ont, après une première lecture du texte de loi, déjà voté en faveur de l’application de ce dernier, malgré une faible opposition, sans pour autant mener à des débats comme chez nous.
Nous pouvons donc dire ce projet de loi déchaine les passions, de part toutes les controverses qu’il amène, de par l’écran de fumé provoqué, de par le « buzz » médiatique, de par la place de l’homosexualité dans « la mémoire collective » de par les débats provoqués par une opposition en quête de puissance, de part une communauté religieuse en quête d’influence, mais aussi, de part une opposition, qui, en démocratie, joue sur « la peur » pour convaincre les gens.
J'ai omis de parler de la crise de l'adoption a l'étranger, de l'écran de fumer qu'est cette loi, du manque de position officiel du fn qi cherche a changer son image...
[b]Après avoir fini mon pavé, vous penserez que je suis pour cette loi, bah non, je suis totalement contre, mais j'essaie d'être objectif
[/b]
Dernière modification par xXkillerspaXx (26-02-2013 15:21:56)