[quote=Karyl]Edit: [b]Dardel[/b], des passages d'un de tes posts précédents m'a intrigués:
-Tu dit que certains athées se posent à vie la question "est ce que Dieu existe", ou alors, il ne cherche pas à savoir, je pense que tu n'as pas envisagé la possibilité de l'athée qui, d'abord, se posent une tonne de questions et qui, après ne se pose plus la question ( oui, un athée étroit d'esprit, mais sa existe surement).[/quote]
Oula. Bin, j'en sais rien. Enfin, comment dire, l'idée que j'ai voulu faire passer en deux phrases c'est que tous les profils existent. Je connais des athées (une en l'occurrence) qui se dit athée, mais qui cherche tout le temps et se remet en cause à chaque fois, pour qui l'idée de Dieu n'est pas écartée définitivement. Y en a c'est un rejet radical sans remise en question. L'étroitesse d'esprit est pas un défaut réservé qu'à certains groupes de personnes... c'est p'tête l'un des trucs les plus équitablement répartis sur Terre ! Du coup, je pense que philosopher sur les profils des uns et des autres, c'est vraiment une sorte de perte de temps. T'auras toujours un contre exemple, un profil qui viendra contredire ton schéma.
[quote]-Tu dis aussi que beaucoup de gens partent du principe que Dieu dois tout pardonner, quelque soit la personne et la raison, j'ai envie de dire: selon toi, quels sont ses critères? Est ce que piétiner de l'herbe n'est pas un péché à ses yeux? ( après tout, je rappelle qu'on à strictement aucun indice/preuve sur son caractère et ses critères d'évaluation du péché ou non).[/quote]
Ça c'est quelque chose de compliqué à répondre. Parce qu'au fond, les principes que Dieu veut qu'on suivent, quelque soit la religion, c'est écrit (bon je ne prends en compte que les religions du Livre, les autres religions, c'est différent, et je ne les maîtrise pas assez pour affirmer quoique ce soit). Du coup, t'as toujours une idée +/- précise de ce qu'on pourrait considérer comme "bon" ou "mauvais", et a fortiori de ce qui rentrerait dans le domaine du pardonnable.
Entre nous, je ne pense pas que Dieu soit caractériel. C'est définir une entité ineffable, divine, infinie, inaccessible à la raison, avec des mots qui sont issus d'un vocabulaire fini.
Il a des vertus : Amour, Miséricordieux, Juste, etc. Mais de là à dire qu'il a ses têtes, qu'il est capricieux, tout ça, on retourne en arrière vers les polythéismes et les panthéons nordiques, grecs, romains, etc.
Du coup, la vision que j'ai de la chose, c'est que l'Homme a conscience de ce qu'il fait, dit, etc. En cela, en croyant et en initié de sa religion, il a toujours en tête les éléments qui pourraient être considérés comme pas bons ; en gros, il sait quand il est pêcheur. Après le "truc" c'est de savoir si oui ou non, la personne en question, en a conscience, si oui ou non il accepte ses limites et sa faiblesse et en cela, si oui ou non il veut s'élever malgré ça. A partir de ce moment, on peut considérer que Dieu lui pardonnera, parce que la personne en question prend conscience de sa "faute", peut être par des actes pour "réparer" cela.
Mais j'avoue que de toute façon, la sécurité c'est de vivre parfaitement comme l'indique la religion. Mais le problème c'est qu'on est en profond décalage avec la société, et c'est pas forcément générateur de choses positives pour l'ensemble de la communauté dans laquelle on vit. Et là, le serpent se mord la queue, parce que dans les textes des Livres, bin on t'affirme qu'il faut 'justement' ne pas succomber au "Monde" etc etc. Ouais mais du coup, on vit comment ? reclus chez soi ? qu'entre nous ? Et la "paix", la concorde civile, elle s'établit comment si tout le monde vit dans son coin alors qu'il est évident qu'on est obligé d'avoir des contacts ?
Bref, c'est sacrément compliqué, et d'ailleurs, les extrémismes profitent un peu de ça. Parce que tout le monde l'a bien vu que la société actuelle est bourrée de faille - libéralisme, capitalisme, fausse liberté à tout va, violence, blablabla. Donc on diabolise la société à l'extrême, on s'en isole, on se dégage de celle ci... mais on ne fait rien pour réparer (ça c'est pour le côté missionnaire en terre païenne) ou rien pour tenter d'harmoniser un peu tout ça.
Après, le non croyant, n'ayant pas de critères, de limites, d'interdits religieux (je précise, parce que les athées aussi peuvent considérer des "choses" comme mauvaises, comme allant contre leur principe, mais y a rien de divin derrière), bin vis à vis de Dieu, comme il l'exclut de ses "raisons" de vie, il n'a pas de raison de bénéficier de son Pardon, puisque s'Il n'existe pas, son pardon non plus.
Mais il faut admettre que dans la pratique, que les motivations soient religieuses ou laïques, des gens avec des principes, c'est ce qui fait qu'une société tient. Qu'est ce qu'on s'en fout de savoir ce qui pousse une personne à agir positivement pour sa communauté ? Dieu, Bouddha, Allah, Javhé, la République, les Droits de l'Homme. Ça ne concerne que l'individu. Les considérations métaphysiques ne concernent que l'individu et non la communauté. Mais, on est d'accord, ça déborde, de tous les côtés, et ça peut gâcher les libertés individuelles. Le débat est ouvert, mais il faut admettre que le principe de laïcité, tel qu'il fut défendu par autant de croyants que de non croyants, et un principe qui permet à des populations multi-confessionnelles de pouvoir vivre ensemble.
[quote]-a la toute fin, tu parles de certains penseurs qui avançaient l'hypothèse que pour croire, il faut souffrir ( grosso merdo et si j'ai bien compris), j'aimerais savoir un peu plus précisément à quelle sorte de souffrance tu fait référence?
Ho et aussi, prenons le cas d'un croyant qui croit parce que sa culture familiale l'a incitée/forcée à croire en une religion X, peux t-on parler de souffrance dans ce cas la?[/quote]
La souffrance dont je parle est une souffrance morale, psychologique : le désespoir, l'angoisse, voire même la dépression.
En fait, Kierkegaard (grand philosophe danois du XIX° siècle) a travaillé et écrit sur l'idée d'angoisse. En protestant qu'il était, il l'a forcément rattaché au domaine religieux, à Dieu. Et il dit, entre autre, que l'homme est amené à sombrer lorsqu'il doit faire le choix devant une infinité de voies possibles.
De cette angoisse peut naître un désespoir qui peut être un tremplin à la conversion ou l'élévation dans la foi. Il me semble qu'il dit aussi qu'il faut avoir expérimenter ces malêtres pour rencontrer Dieu.
Pour ce qui est de ton cas, si le décalage est trop fort entre cet enfant et ce qu'on lui a inculqué, et s'il a du mal à s'en émanciper (de sa famille, de ses valeurs, etc), bin ça peut être psychologiquement très dur.
Personnellement, je suis d'avis que les parents ont le droit ou devoir d'inculqué ce qu'ils estiment être, en leur bon âme et conscience, juste pour leurs enfants. Mais une fois donné ces conseils, ces valeurs, il faut laisser l'enfant faire son cheminement spirituel. Le problème c'est qu'en ayant aucunes preuves de l'existence ou de l'inexistence de Dieu, bin on peut comprendre les parents qui font le forcing dans un sens ou dans un autre.
Mais après, passer un certain âge, la pression familiale sur la religion devrait s'estomper. A chacun de cheminer, à sa vitesse. De consolider ses croyances (en Dieu ou en rien) ou de découvrir d'autres sensibilités surtout aujourd'hui où la mondialisation change énormément les repères (on a accès à toutes les informations qu'on veut, on peut rencontrer des personnes des 4 coins du globe). Cet excès de libertés, d'ailleurs, n'est pas qu'un bien. C'est tellement démesuré qu'il faut pas s'étonner de voir des jeunes (et des moins jeunes) perdre la notion de réalité, ou être complétement chamboulé parce qu'ils peuvent voir, lire, entendre. En ce sens, l'encadrement des parents -qui suit ses principes (religieux ou non)- est aussi très important... D'où la complexité de la chose.
Juste pour le plaisir, une citation de Dostoievski : "Si Dieu n'existe pas, tout est permis...".